Les patrons, sauf à les acheter en pochette dans les merceries, sont souvent au format vignette, qu’il faut agrandir pour pouvoir les exploiter. La méthode photocopieuse est rapide mais aléatoire quant à la taille finale obtenue, et il est difficile de contrôler l’ajustement entre les différents morceaux. Voici une méthode "manuelle" un peu plus longue, mais très précise, et qui offre l’avantage d’ajuster exactement le patron à vos mesures. La haute couture au service de la reconstitution !

La méthode en elle-même est très simple : il s’agit d’agrandir proportionnellement les patrons, en établissant un rapport entre la taille du patron dont vous disposez, et celle du patron que vous voulez obtenir.

Comment faire ?

 Vous divisez la mesure que vous voulez obtenir par la mesure que vous avez.

  agrandissement_corsage

Puis vous choisissez un point de départ (A) au centre de la vignette, vous tracez une droite partant de A et passant par un des  points stratégiques de la vignette (coins,..) et enfin vous mesurez la distance de A au tracé de la vignette, chiffre que vous multipliez par le rapport. Vous reportez cette mesure sur la droite. De droite en droite, de report en report, vous obtenez le patron agrandi.

 

Maintenant, quelques remarques issues d’une pratique assidue.


Premièrement, il ne faut pas que le rapport soit trop élevé si l’on veut obtenir un agrandissement fiable. En fait il ne faut pas qu’il dépasse 4, ce qui n’est déjà pas si mal : 1 mm au départ donne 4 mm à l’arrivée... Ce qui peut provoquer des décalages importants si l’on se trompe dans son relevé. Mieux vaut procéder en deux fois qu’utiliser un rapport supérieur. Au final on gagne son temps et le résultat est bien meilleur.

Secundo, et dans le même ordre d’idée, il vaut mieux que la vignette ne soit pas trop petite au départ. Pour ma part, je l’agrandis d’abord via un scan à la taille d’un A4, puis je fais l’agrandissement proportionnel. En effet, il est difficile de mesurer avec précision en dessous d’1/2 mm. Et le manque de précision des mesures initiales se répercute amplifié sur le patron agrandi. D’où la difficulté de partir d’un dessin trop petit.

Sur quelles mesures se baser pour agrandir un patron ?

- Pour le cas d’une personne aux mensurations proportionnées (voir les tableaux de tailles normalisées) :

Pour une chemise, tunique, veste,... de forme droite, on se base sur le tour de poitrine augmenté de l’aisance que l’on veut avoir (en général 10 cm en plus de la mesure).

Pour une chemise, veste, tunique,... de forme trapèze, on se base sur la largeur d’épaule. La forme-même du vêtement donnera l’aisance nécessaire pour le porter.

Pour des pantalons, chausses,..., on se  base sur le tour de cuisse, en ajoutant 3 à 5 cm pour l’aisance si le tissu n’est pas ou peu élastique, sans aisance si le tissu est élastique (jersey, laine bouillie, maille).

Pour les coiffes et chapeaux, on se base bien évidemment sur le tour de tête.

-  Pour les autres, les petits, les grands, les forts, les maigres : en se basant sur les tableaux de tailles normalisées, il faut agrandir en partant de la mensuration "normale" puis adapter le patron.
Par exemple, pour des chausses, un grand se basera sur son tour de cuisse pour établir le patron de base, ce qui donnera la largeur, puis il allongera le patron en le coupant à mi-cuisse et à mi-mollet, pour obtenir la bonne longueur sans toucher à cette largeur. A l’inverse, un fort de taille moyenne se basera sur la longueur de jambe pour établir le patron de base, puis coupera ce patron dans la longueur pour l’élargir à la bonne taille sans l’allonger.

Que faire quand les différentes pièces du patron ne sont pas à la même échelle ?

D’abord, établir la pièce principale, par exemple le devant pour un pourpoint. Ensuite, se baser sur cette pièce pour agrandir les autres en proportion : même largeur d’épaule pour le dos, puis mesurer l’encolure devant+dos pour agrandir le col, etc. La méthode "homothétique" permet de faire un patron exactement à ses mesures, ce qui est pratique quand on est entre deux tailles du commerce, ou quand on tombe sur des tous petits patrons comme dans l’Encyclopédie Diderot et d’Alembert, par exemple.

A vos calculatrices, et bonne confection !