04 avril 2009
Enfin des albums photos!
Je mets en ligne quelques albums photos, histoire de rassembler les photos éparses sur le blog d'une part, d'autre part de faire découvrir de nouvelles réalisations costumières comme la houppelande de sire Amaury, celle qu'il a attendue tant et tant au château du Hohlandsbourg afin de pouvoir se pavaner au prochain tournoi...
Il était tellement impatient, qu'il n'a pas pu s'empêcher de la porter alors que la fourrure n'était même pas encore posée dans le bas! Ah, ces chevaliers! De grands enfants!
28 décembre 2007
Costume ou évènement?
La dernière production est difficile à ranger... Catégorie costumes ou catégorie évènement? Voire spectacle vivant, vu comme Amaury s'amuse comme un petit fou à incarner le personnage.... Tous comptes faits, je vais classer ce billet chez les costumes!
Alors... Ladies and gentlemen, j'ai le grand plaisir, l'honneur et l'avantage de vous présenter la houppelande, modèle victorien revisité XXIè (pour la couleur) adapté à l'équitation façon "Entrée des juges-diseurs dans la ville". Et ça donne [roulement de tambour]:
Le corps du manteau est sur une base trapèze, manches légèrement montées et poignets évasés, bords devants se fermant grâce à la ceinture, le tout bordé de fausse fourrure blanche (trouvée chez Mondial Tissus, excellente qualité). Au modèle original j'ai ajouté une fente au milieu dos, de façon à ce que les pans du manteau puissent retomber joliment de chaque côté du cheval plutôt que de faire une espèce de pseudo couvre-rein.


Vous noterez le costume du cheval, assorti à celui de son patron, la grande classe digne de ce grand seigneur! Ils ont les mêmes pompons, qui au frontal, qui au sommet du bonnet. A croire qu'ils ont la même couturière! Quelques grelots bien sonores, et voici notre couple prêt à faire son entrée en scène...
(Photos Frax)
03 janvier 2007
La cotte-linge à la mode de Saint Louis
Première pièce du trousseau, la chemise de cainsil ou chainse, appelée chemise cotte-linge au XIIIè siècle, puis chemise robe-linge au XIVè et enfin chemise au XVè est faite de toile de lin, de laine, de chanvre (le canevas) ou de soie. Elle s'entend accompagnée de braies (que je n'ai pas encore faites mais ce ne saurait tarder...) et l'ensemble se dénomme une paire de robe(cotte) linges.
Voilà pour les généralités. La pratique à présent.
Sur le site de Marc Carlson, j'ai remarqué la Chemise de Saint-Louis:

Elle est datée "d'avant 1270", donc un peu tardif pour l'époque qui m'intéresse, mais le dessin général du vêtement ressemble fort à ce qui se faisait avant. Le genre "kimono" est un mode primitif que l'on retrouve sur tous les bliauds et chainses du XIIè. Et comme les sous-vêtements sont fort peu sensibles à la mode... Je vais donc tâcher de la reproduire.
Quelques indications techniques (je traduis): La chemise est faite dans une fine toile de lin, blanche, tissée serrée. Toutes les coutures sont recouvertes par une très fine bande de tissu (pas dans le biais) dont la largeur est estimée à 3-4 mm.
Au col, une très fine parementure borde l'ouverture, et ses extrémités dépassent la pointe de l'encolure. Les rubans qui masquent les coutures des godets dépassent également le point d'insertion. Les manches et le bord sont finis par un fin ourlet roulé, estimé lui aussi à 2-3 mm.
Ce qui frappe dans la description de cette chemise, c'est la finesse des valeurs de couture et des finitions. Il faut effectivement que la toile soit assez serrée pour obtenir un résultat solide. La toile que je me propose d'utiliser compte 16 fils de chaîne pour 16 fils de trame au cm.
L'interprétation de Marc Carlson:

En reportant les mesures prises sur le vêtement sur le dessin, je m'aperçois qu'il est au 1/10è. Chic. Ca va être plus facile à tracer comme patron! Surtout pour en déduire les mesures qui manquent...
Première constatation: Saint Louis était grand et maigre. Car si nous avons une carrure et des attaches équivalentes, je retrancherai 20 centimètres à la longueur pour pouvoir porter la chemise...
Deuxième constatation: ma toile n'est pas suffisamment serrée pour obtenir un résultat aussi fin et aussi solide que souhaité.
Troisième constatation: le système de montage est très fûté. Il permet de ne pas se préoccuper de la souplesse du tissu. C'est économique en tissu et tout à fait solide tant qu'on reste dans les limites de cohésion du tissage de la toile.
Quatrième constatation: il ne faut effectivement pas que les bandes de tissu qui recouvriront les coutures soient taillées dans le biais: elles seraient impossibles à coudre.
J'ai trouvé une photo de l'original conservé dans le trésor de la cathédrale Notre-Dame à Paris:

Heather Rose Jones a consacré un article à la chemise de Saint Louis, avec quelques photos de détails. Elle parle de "toile à mouchoir" avec un fil un peu plus dense, et montre la finesse des coutures... Impressionnant! 
27 mai 2006
Lansquenet nous voilà!
Je n'y croyais plus et pourtant... j'avais tort. La preuve. Après huit mois d'attente, les patrons du costume de lansquenet sont arrivés! Direct from the USA! Peut-être que leur bateau avait fait naufrage et qu'ils ont terminé la traversée en radeau...
Donc étude de la structure étrange du vêtement à crevés.
A première vue rien de très difficile. Une continuité du vêtement de l'époque précédente, avec outrances, ostentation et bon goût germanique.
Ce qui veut dire qu'un nouveau personnage devrait intégrer la visite-spectacle de cet été... !
13 mai 2006
Au tour de ces messieurs...
Deux catégories de personnages dans la pièce: les habitants du château et les docteurs, qu'ils soient médecin, de la loi ou clerc. Je me suis occupée des costumes "civils". Pour les autres, nous avons eu la chance que l'on nous prête de vrais robes d'avocat, dont une avec épitoge du meilleur effet. Heureusement, car je me voyais mal faire tous ces tuyaux d'orgue en temps et en heure. Il aurait fallu que je commence une année plus tôt!
Afin de garder une unité visuelle sans pour autant tomber dans la monotonie, je suis partie d'une même base de patron pour l'ensemble des costumes masculins, que j'ai déclinée en fonction des rôles (âge, classe sociale, caractère...). J'ai intercalé deux ou trois éléments extérieurs, et voilà la garde-robe de la châtellenie d'Aguas-Frescas.
Les patrons de base.
Comme pour les filles, je les ai trouvés chez Butterick:
. Celui-ci a fourni les hauts-de-chausses pour Figaro, Chérubin, Bazile et Antonio, le gilet pour Chérubin, ainsi que les chemises pour Figaro et le Comte Almaviva.
Celui-ci a fourni le modèle pour la veste, le gilet à basques, les manches à larges revers avec pour Bazile les bas de manches de chemise intégrés. Ces différents éléments combinés entre eux ont fourni la veste et le gilet à basques de Bazile, les vestes à basques du Comte et de Chérubin, la courte veste de Figaro.
Les hauts-de-chausses du Comte, beaucoup plus moulants, ont été réalisés d'après un patron de reconstitution. On peut le trouver sur le site de Harper House:
Et ça donne?
Figaro : j'ai gardé le modèle de veste intérieure, j'ai raccourcie la ligne de taille sous les côtes de manière à lui donner un air hispanisant, un peu toréador, beau parleur, et je lui ai fait une chemise écrue, à la fois pour faire ressortir son teint mat, mais aussi parce qu'il est un valet. Son linge de corps se doit donc d'être un peu moins blanc que celui des aristocrates. Les bas sont assortis, bien évidemment. Le tissu de sa veste est un velours d'ameublement "dévoré" avec un motif classique.
Le Comte Almaviva : le seigneur du lieu, le maître inconstesté de la région. Il lui faut un habit riche, ostentatoire (c'est un aristocrate espagnol!), qui le situe immédiatement au sommet de la hiérarchie des personnages. Pour lui donc, une veste à basques en lourd velours bleu, enrichi de broderie (machine!) au fil doré le long des bords devant, sur les revers des manches, les rabats des poches et à la naissance des basques au milieu dos. Les hauts-de-chausses sont moulants et ont des boutons dorés, ce que n'ont pas les autres. La chemise a de la fine dentelle aux poignets. Le gilet n'est pas de moi, on le trouve tout fait chez Théâtr'Hall à Paris (lien dans la colonne de droite).
Chérubin : le premier page de Monseigneur est un jeune aristocrate de 12/13 ans dans la pièce. Même habillement que le comte, dans des couleurs plus tendres. Le gilet est assorti aux boutons, revers, rabats de poche et passepoil de la veste à basques. La chemise à un grand col, un peu "mousquetaire".
Bazile : c'est un musicien, un joyeux luron sans trop de moralité, ami de longue date de figaro. Je lui voulait un habit d'opérette, couleur et détails compris. Les boutonnière du gilet à basques sont en biais moutarde, le même tissu qui m'a servi pour les doublures. Le reste est un velours fatigué moutarde doré. Pas de chemise. Le bas des manches est un trompe-l'oeil. Je me demande bien d'ailleurs comment je vais faire pour nettoyer ce costume, vu comment le velours moutarde déteint...
Antonio : pour le jardinier, pas de quartier: les hauts-de-chausses sont en toile de jute! Heureusement que le comédien porte des collants pour se protéger dessous... La chemise est un prêt.
11 mai 2006
Les costumes de Figaro !
J'ai enfin reçu les photos des portraits en pied de mes comédiens de la Folle journée de Figaro! La lumière n'est pas top, les comédiens sont un peu tendus parce que la séance de pose a eu lieu avant la représentation (après ils n'étaient plus très frais, arf!), mais ces photos donnent une jolie idée de ce à quoi ressemblaient les personnages.
Honneur aux dames!
Le patron de départ:
C'est un patron Butterick classé "moins facile". Effectivement, à partir du moment où on travaille avec un peu de précision, il ne présente pas de difficulté particulière.
Sa traduction "Comtesse Almaviva":
Comme pour le costume de Suzanne, j'ai fait deux robes, une pour chaque comédienne, pour que l'illusion soit parfaite lors de l'échange des costumes. Et ça a marché!
La crinoline est moins ample que sur le modèle originale, question de pratique à vivre et de place sur la scène... La distribution au final dans ma version comporte quand même 13 personnages qui se retrouvent tous sur scène à la fin. Faut de laplace pour tout le monde!
Suzanne à présent. Autre modèle "moins facile" de chez Butterick: 
J'ai simplifié (par force, je n'ai pas eu le temps de faire le noeud devant), supprimé les paniers et la crinoline dessous pour permettre à la comédienne de bouger tout à son aise, et voilà ce que ça a donné:

Marceline, Fanchette et Chérubin déguisé en fille ont tous les trois la même base de costume, la chemise et les couleurs changent. Le modèle, toujours chez Butterick :
Ce qui m'a interessé, c'est la forme du décolleté du corsage. Je ne voulais pas qu'il rende un effet "Renaissance". Et le principe de la chemise, longue, à volant dans le bas, ainsi que la possibilité de moduler les manches à loisir.
Marceline, version chemise à manches longues:

Fanchette, avec une tunique en lin, manches trois-quarts et encolure froncées par un cordon: 
Je n'ai pas encore de photo de Chérubin avec son costume de fille, hélas. La chemise est à manches courtes, le corsage est noir et la jupe marron.
30 mars 2006
Cotte ou tabard?
Le TABARD est mentionné dans les textes à partir de 1279. C'est alors un manteau à larges manches, civil ou religieux. Il peut être de différentes longueurs, jusqu'aux pieds, mi-cuisses ou jusqu'au bas des reins. Après 1400, TABARD désigne une cotte déceinte à courtes manches portée par-dessus la cuirasse par les chevaliers. On l'appelle alors TABARD MILITAIRE ou TUNIQUE. Sur les gisants, il est armorié. Ailleurs, sont utilisées des étoffes plaines (unies) ou à décors fantaisistes. A l'époque de Jeanne d'Arc, les tabards militaires sont peu usités pour la guerre. Les cottes armoriées sont réservées à la tenue militaire de cérémonie, pour les solennités, le gisant, les tournois, les combats en lice à pied ou à cheval.
Qu'est-ce qui distingue un tabard d'une cotte?
La longueur? Le tabard est de dimensions variées. Il s'arrête habituellement à mi-cuisses, mais quelques-uns vont jusqu'aux genoux.
Il est fermé sur les côtés? Tout dépend de la largeur. Si le corps est très large, presqu'autant qu'une robe, il est fendu sur les côtés à partir de la taille pour laisser passer la poignée de l'épée à gauche et à droite celle de la dague. Si le corps est de largeur réduite, la fente court depuis le dessous des bras jusqu'en bas, le vêtement se trouvant partagé en deux pans distincts, l'un antérieur, l'autre postérieur.
Alors??? Le dessous des manches est fermé!
Dans certaines cottes d'armes, les manches furent remplacées par de simples pièces d'épaules recouvrant les bras à la façon de macfarlanes, dès le XIVè siècle pour de longs tabards allant jusqu'aux pieds portés par des civils ou des religieux. Elles se rencontrent au XVè pour les chevaliers. Une fois endossée, les deux pans se rattachaient l'un à l'autre à la hauteur des hanches, au moyen d'un ou deux boutons cousus de chaque côtés du dos, s'introduisant dans des brides fixées aux points correspondant sur le devant. Un héraut porte une cotte d'armes de ce type dans le Décaméron de Jean sans Peur.
La cotte héraldique
Elle est propre au héraut et au poursuivant. Ce vêtement est taillé d'une seule pièce et par conséquent ne possède aucune couture. Les deux pans sont rigoureusement identiques, de même pour les épaulettes. L'un des pans n'est donc pas plus affecté que l'autre au dos ou au devant. de plus, la cotte héraldique est à pans libres (ne se rattachant pas l'un à l'autre sur les côtés).
Quelques chevaliers ont adopté la cotte héraldique. Dans ce cas, le dos n'est pas taillé exactement comme le devant à l'encolure.
Et la huque?
La huque est une sorte de casaque, analogue au tabard héraldique, mais sans manches. C'est une cotte à pans libres, dépourvue de manches à l'instar d'une chasuble de prêtre, et sans pièces d'épaules. Une miniature de 1420 montre une huque fermée à la hauteur de la ceinture par un bouton, mais cela semble une singularité exceptionnelle.
La quantité de tissu nécessaire à la confection d'une huque ne dépassait pas une aune. De longueur et d'ampleur variables, la huque semble avoir été portée sur le pourpoint ou sur la robe plus souvent que sur la cuirasse. Encore moins usitée à la guerre que le tabard, elle n'apparaît sur l'armure que dans les premières années du XVè siècle.
17 février 2006
Les photos du Capitaine
J'ai pu récupérer les photos du costume du capitaine Hartmann. Un ami s'est prêté au jeu du porte-manteau. Les photos sont de Davolo.
La redingote, de face et de dos:


Les "ailes" au dos de la redingote sont en fait des rabats de poche, très judicieusement placées lorsque l'on est à cheval, un peu moins à pied. Mais elles font d'insoupçonnables "poches secrètes" chères aux joueurs de GN.
Deux petites poches gousset, un col officier, et il est cintré par une martingale au dos, de même que le pantalon:

Pour respecter les canons de la mode de cette époque, le boutonnage du pantalon n'est pas apparent devant. C'est très élégant, mais un peu technique à faire.

Beaucoup de poches aussi pour ce pantalon. Ils avaient une véritable passion pour les poches à cette époque-là! La chemise est un peu petite pour le porte-manteau, aussi ne rend-elle pas très bien. Le modèle est edwardien cependant, petites fronces au poignet, triangles de renfort aux fentes de côté, plein de petits détails charmants pour la couturière... Mais j'ai adoré me battre avec les patrons pour réussir à faire ce costume!
05 février 2006
Le train sifflera une dernière fois... et puis plus du tout après.
C'est le titre d'une murder/GN dans laquelle Lui a joué le rôle d'un capitaine sudiste juste après la guerre de Sécession, le capitaine Hartmann. Bien évidemment il me demande de lui faire son costume, et je me suis piquée au jeu. L'occasion d'explorer une mode inconnue pour moi, le militaire américain de 1867.
Donc je lui ai fait une complète: une chemise militaire, le gilet à martingale, le pantalon à poche revolver, gousset et martingale aussi, une redingote d'officier "junior" et un marteau à macfarlane, cette capeline sur les épaules et qui vole au vent. Le manteau est de gros drap gris sombre, le costume pantalon et redingote, de lainage gris perle, le gilet en drap satin de laine noir et la chemise de coton blanc. Ah oui, je lui avait fait une cravate de soie noire aussi.
Il était tellement beau que je lui ai trouvé un bummer (le chapeau!) sur un site de reconstitution américain. J'ai à cette occasion découvert que les reconstitueurs de la guerre de Sécession sont encore pire que les reconstitueurs médiévaux...
La photo de classe permet de voir à quel point tous les joueurs étaent beaux, en fait. On ne voit pas bien le costume (dont je suis assez fière il est vrai). Mais je vais essayer de trouver d'autres images.
02 février 2006
Le même version XVIème ou presque
Le pantalon monte jusqu'à la taille, ces messieurs respirent... et on adjoint une zoulie coquille pour protéger (?) la pudeur. Quoique... vu la quantité de questions que ça provoque...
Comme le pantalon est remonté, la veste aussi, à moins que ce ne soit le contraire. Allez savoir avec ces histoires de mode. Les manches sont montées avec des maheutres.
Le presque du titre, c'est à cause de la coiffure. C'est un chaperon de soldat du XVè. Je l'ai fait en loden. C'est imperméable, chaud quand il faut et les bords ne s'effilochent pas. Un bonheur. En plus, ça ne bouge pas en machine programme laine. Que des qualités je vous dis.













